Astrologie
Les 12 maisons astrologiques : le guide complet
Douze secteurs du ciel, douze domaines de la vie. Les maisons disent où les planètes agissent : pas ce que vous êtes, mais dans quel champ de votre existence cela se joue. Ce guide les présente une par une, dans l'ordre, avec le regard de deux classiques que personne ne lit plus en français.
Ce qu'est une maison en astrologie
Un thème astral superpose deux roues. La première est le zodiaque, les douze signes que parcourent le Soleil, la Lune et les planètes. La seconde est la roue des maisons, douze secteurs qui partagent le ciel local à l'instant et au lieu de la naissance. Llewellyn George insiste sur la distinction : les maisons sont des divisions du thème et y occupent toujours la même place, tandis que les signes, entraînés par la rotation de la Terre, semblent défiler d'est en ouest par-dessus le méridien.
George attribue aux maisons les intérêts et les conditions matérielles de l'existence, et aux signes les qualités de l'esprit qui se manifestent dans le caractère, le tempérament et les tendances. Un signe dit comment vous êtes ; une maison dit dans quel domaine de votre vie une planète travaille. Les deux plans ne se rejoignent que sur le corps : le Bélier gouverne la tête et le visage comme la première maison, le Taureau la gorge comme la deuxième, et ainsi de suite jusqu'aux pieds. Lilly donne cette correspondance pour chaque maison ; c'est une tradition, non un diagnostic.
Tout part de l'Ascendant. William Lilly explique le nom : quand le Soleil et les planètes atteignent la pointe de la première maison, ils se lèvent et deviennent visibles sur l'horizon. George décrit la mécanique : la ligne de cet angle coïncide avec l'horizon et, la Terre tournant d'ouest en est, les planètes qui étaient sous elle apparaissent là. Le degré qui se lève à l'est à la minute de la naissance ouvre donc la maison 1. Chez Lilly, chaque maison va de la ligne qui porte son numéro à la suivante, en descendant sous l'horizon jusqu'à la maison 4, puis en remontant par la maison 7 vers la maison 10.
George prévient que chaque maison a une valeur et une qualité propres, à apprendre avant de lire un thème : les voici dans l'ordre.
Angulaires, succédentes, cadentes
Les douze maisons n'ont pas le même poids. George les classe en trois rangs. Les maisons angulaires sont les quatre points cardinaux du thème : la maison 1, l'Ascendant ; la maison 10, le Milieu du Ciel ; la maison 7, le Descendant ; la maison 4, le Fond du Ciel, point le plus bas. Ce sont, écrit-il, les lieux les plus importants pour juger un thème, et une planète qui s'y trouve est dite accidentellement dignifiée : elle agit avec plus de force, quelle que soit sa nature. Lilly nomme les mêmes angles : Ascendant, Imum Coeli ou angle de la Terre, angle de l'ouest, Medium Coeli.
Les maisons succédentes, 2, 5, 8 et 11, suivent chacune un angle et viennent au second rang. Les maisons cadentes, 3, 6, 9 et 12, tombent des angles : une planète qui s'y trouve est faiblement placée, accidentellement débilitée selon le mot de George. Lilly nuance : il juge la maison 6 malheureuse parce qu'elle ne fait aucun aspect à l'Ascendant, mais tient la maison 11, pourtant succédente, pour presque équivalente en vertu à la 7 ou à la 4.
George ajoute une seconde grille, les trigones de maisons. Les maisons 1, 5 et 9 tiennent la vie, les enfants qui la prolongent, le savoir qui la soutient ; 10, 2 et 6, les honneurs, les biens et le travail, comme les signes de terre ; 7, 3 et 11, les liens par le mariage, le sang et l'amitié, comme les signes d'air ; 4, 8 et 12 s'apparentent aux signes d'eau. Chaque trigone associe une angulaire, une succédente et une cadente : un même champ de vie se lit à trois profondeurs.
✦ Un repère
Pour lire vos maisons, procédez dans l'ordre : les quatre angles d'abord, puis les succédentes, puis les cadentes. Une planète angulaire pèse plus qu'une planète cadente, quelle que soit sa nature : cette règle de George suffit à hiérarchiser un thème.
Les 12 maisons, une par une
Chaque maison a sa page détaillée : son maître, les planètes qu'on peut y trouver, la Lune qui la traverse chaque mois.
Maison 1 : le corps, le tempérament, l'entrée dans le monde
La maison 1 s'ouvre à l'Ascendant. Lilly y lit la vie de la personne, sa stature, son teint, sa forme et son allure ; il lui attribue la tête et le visage, la couleur blanche, et pour cosignificateurs le Bélier et Saturne. Mercure s'y réjouit et y fait les bons orateurs. George y place la personnalité, la disposition naturelle, les tendances et le regard porté sur le monde : aucune maison n'influence davantage la personne, ce « masque » qu'elle présente, ni les variations de sa santé et de ses états d'esprit. Lire la maison 1 en astrologie.
Maison 2 : l'argent et les biens
Lilly demande à la maison 2 le jugement sur la fortune, les biens meubles, l'argent prêté, le profit ou la perte. Elle gouverne la nuque, porte le vert, est féminine et succédente. Jupiter, son cosignificateur avec le Taureau, y est un argument de fortune ; le Soleil et Mars n'y sont jamais bien placés et dispersent la substance. George en fait la maison des affaires financières : argent, bijoux, titres, actions, hypothèques, solde en banque, tout ce qui se négocie. Lire la maison 2 en astrologie.
Maison 3 : frères et sœurs, mots, courts trajets
La maison 3 tient, chez Lilly, les frères, les sœurs, les cousins, les voisins, les petits voyages à l'intérieur du pays, les lettres, les rumeurs et les messagers. Elle gouverne les épaules, les bras, les mains et les doigts. Cadente et masculine, elle est la joie de la Lune : une Lune placée là, surtout en signe cardinal, annonce une personne rarement en repos. George y ajoute les écrits, les études, les aptitudes de l'esprit, puis le monde des nouvelles : journaux, courrier, téléphone, radio, trajets en automobile, bibliothèques, librairies, ponts. Lire la maison 3 en astrologie.
Maison 4 : le foyer, les racines, le fond du ciel
Lilly nomme la maison 4 l'angle de la Terre, ou Imum Coeli, et lui confie le père, les terres, les maisons, les héritages, les trésors cachés, jusqu'à la qualité d'un terrain que l'on achète. Elle marque aussi la fin de toute chose. George reprend le père, le foyer, les affaires domestiques et la condition générale à la fin de la vie, les mines, les propriétés, l'aboutissement des entreprises. Il l'appelle le fond du ciel, la profondeur de la nuit. Lire la maison 4 en astrologie.
Maison 5 : enfants, plaisirs, créations
Par la maison 5, Lilly juge des enfants et de l'état d'une femme enceinte, mais aussi des ambassadeurs, des banquets et des spectacles. Masculine et succédente, elle a pour cosignificateurs le Lion et Vénus, qui s'y réjouit parce que c'est la maison du plaisir, du délice et de la gaieté ; Mars ou Saturne y sont malheureux. George y lit les enfants, les amours, les émotions agréables et les spéculations : nos enfants ou leur absence, selon que le signe et les planètes qui la gouvernent sont féconds ou stériles, les sports et les risques pris par goût. Lire la maison 5 en astrologie.
Maison 6 : le travail quotidien, la santé, le service
La maison 6 de Lilly concerne les serviteurs, le petit bétail, les journaliers, les oncles et tantes du côté du père, et la maladie : sa cause, sa durée, son issue. Féminine et cadente, elle lui paraît malheureuse parce qu'elle ne regarde pas l'Ascendant ; Mars s'y réjouit, la Vierge et Mercure en sont les cosignificateurs. George parle de maladie, d'employés, de service, de travail, de nourriture, d'hygiène, de vêtement et de petits animaux, puis des métiers du soin, de la santé publique et de l'armée. Lire la maison 6 en astrologie.
Maison 7 : le couple, les associés, les adversaires déclarés
La maison 7 est l'angle de l'ouest. Lilly y juge le mariage et toute question d'amour, et décrit la personne sur qui l'on interroge ; il y place les ennemis publics, le défendeur d'un procès, les querelles et les duels. Saturne ou Mars y annoncent du mal en mariage. George y voit le premier des liens terrestres, le mariage, puis l'associé en affaires, ceux avec qui l'on passe contrat ou entre en conflit ouvert, les divorces, les séparations et les batailles. Lire la maison 7 en astrologie.
Maison 8 : la mort, les héritages, l'argent des autres
Lilly confie à la maison 8 les biens des défunts, la mort et sa nature, les testaments et les legs, la dot de l'épouse, et la question de l'héritier. Succédente et féminine, elle a pour cosignificateurs le Scorpion et Saturne, et gouverne aussi les poisons. George y lit les legs, l'argent et les biens d'autrui, la mort et ce qui touche aux défunts, les expériences astrales, et les finances du conjoint, puisqu'elle est la deuxième maison comptée depuis la septième. Il en fait le miroir de la maison 1 : l'une marque l'incarnation, l'autre la désincarnation. Lire la maison 8 en astrologie.
Maison 9 : les voyages lointains, la foi, la pensée haute
Par la maison 9, Lilly juge des voyages au-delà des mers, du clergé, des rêves, des visions, des pays étrangers, des livres, du savoir, ainsi que de la parenté du conjoint. Masculine et cadente, elle a pour cosignificateurs le Sagittaire et Jupiter, qui y signifie une personne dévote ; le Soleil s'y réjouit. George élargit : longs voyages, lieux éloignés du lieu de naissance, rêves, visions, éducation et développement supérieur, tendances scientifiques, philosophiques et spirituelles. Lire la maison 9 en astrologie.
Maison 10 : la carrière, l'honneur, le milieu du ciel
Le Milieu du Ciel personnifie chez Lilly les rois, les juges, les commandants et les officiers en autorité, ainsi que les mères ; il y lit l'honneur, l'avancement, la dignité, la charge, la profession ou le métier. Féminine, avec le Capricorne et Mars pour cosignificateurs, la maison 10 accueille favorablement Jupiter et le Soleil, surtout ensemble, tandis que Saturne y refuse d'ordinaire l'honneur. George y voit le sommet des accomplissements terrestres : réputation, office, autorité, pouvoir, promotion, par la profession, l'élection, la nomination ou par la mère. Il y rattache aussi le gouvernement et les personnes célèbres. Lire la maison 10 en astrologie.
Maison 11 : les amis, les espoirs, les réseaux
La maison 11 représente chez Lilly les amis et l'amitié, l'espoir, la confiance, la fidélité ou la fausseté des amis. Pour une ville, elle est l'assemblée qui l'administre, là où la maison 10 tient le maire et l'Ascendant le peuple. Succédente et masculine, elle a pour cosignificateurs le Soleil et le Verseau, et Jupiter s'y réjouit. George l'appelle la maison des amis, remède ou poison de l'existence : sociétés, loges, communautés, collègues, et les espoirs qui dépendent d'eux. Lire la maison 11 en astrologie.
Maison 12 : l'invisible, l'isolement, les ennemis cachés
La dernière maison signifie chez Lilly les ennemis privés, le gros bétail, le chagrin, la tribulation, l'emprisonnement, toute forme d'affliction et la ruine que l'on cause soi-même. Cadente et féminine, elle gouverne les pieds, a pour cosignificateurs les Poissons et Vénus, et Saturne s'y plaît. George y lit les ennuis imprévus, la contrainte, l'exil, la réclusion, les chagrins secrets, les ennemis cachés, les hôpitaux, les grands animaux et le côté occulte de la vie : tout lieu où la liberté est restreinte, mais aussi les intrigues et les mouvements secrets de l'esprit. Lire la maison 12 en astrologie.
Une maison n'est pas ce que vous êtes : c'est l'endroit de votre vie où une planète travaille.
Les six axes
Les maisons se lisent aussi deux par deux, chacune avec celle qui lui fait face.
Maisons 1 et 7. L'Ascendant tient la personne, le Descendant tient l'autre : chez Lilly, celui qui demande et celui sur qui l'on demande, conjoint ou adversaire. George en fait une règle : la maison 7 est la première maison du partenaire.
Maisons 2 et 8. La 2 est votre fortune et vos biens meubles ; la 8, deuxième depuis la septième, est l'argent du conjoint, les legs et les biens des défunts, la dot chez Lilly.
Maisons 3 et 9. Les petits voyages répondent aux périples au-delà des mers, la parenté à celle du conjoint. George oppose les nouvelles éphémères de la 3 aux ouvrages de fond de la 9, droit, religion, science, philosophie.
Maisons 4 et 10. Le fond du ciel et le milieu du ciel : George le dit sans détour, la 10 montre jusqu'où l'on s'élève, la 4 le déclin et la fin. Pour les parents, douze traités consultés par George sur trois siècles donnent la mère à la 10 et le père à la 4 ; son expérience le confirme.
Maisons 5 et 11. Le plaisir et les enfants face aux amis et aux espoirs ; Lilly y loge la joie de Vénus d'un côté, celle de Jupiter de l'autre. George relie les deux par les maisons dérivées : la 5, deuxième depuis la 4, est le gain tiré de la propriété ; la 11, deuxième depuis la 10, les revenus de la charge.
Maisons 6 et 12. Deux maisons cadentes que Lilly marque d'un signe sombre : la 6, sans aspect à l'Ascendant, tient le petit bétail, les serviteurs et la maladie ; la 12, où Saturne se plaît, le gros bétail, les ennemis cachés et l'enfermement.
Comment connaître vos maisons
Les maisons dépendent de l'heure et du lieu de naissance, pas de la date seule. George le répète : la position des planètes en maison tient d'abord à l'heure et à la minute de la naissance, et si l'heure n'est qu'approximative, cette position devient incertaine, surtout pour les planètes proches d'une pointe, qu'un écart de quelques minutes fait passer dans la maison voisine. Chez Kardea, le découpage des maisons suit par défaut le système Placidus.
Deux règles de George évitent bien des erreurs. Une planète est considérée dans une maison dès qu'elle approche à huit degrés de la pointe suivante ; pour l'Ascendant, la marge monte à douze degrés, surtout si la planète est dans le même signe. Et une maison vide n'est pas une maison muette : son maître, la planète qui gouverne le signe de la pointe, parle pour elle depuis l'endroit où il se trouve.
Lilly, George et la lecture des maisons
Pourquoi ces deux auteurs ? William Lilly publie son Introduction to Astrology en 1647. Ses significations des maisons, écrit-il, suivent la doctrine de Ptolémée et de nombreuses années de pratique, et il écarte les autres partages proposés par les Arabes, n'y ayant jamais trouvé de vérité. Son texte est celui d'un praticien qui répond à des questions posées : chaque maison est chez lui un guichet.
Llewellyn George, en 1910, fixe le vocabulaire moderne avec son A to Z Horoscope Maker and Delineator, puis son Astrologer's Searchlight en 1922. Il donne pour chaque maison sa nature, chaque planète qui s'y trouve et son maître posé dans les onze autres, lectures longtemps réservées à l'astrologie horaire et qu'il applique au thème de naissance. Il rappelle que l'astrologie ne sert pas à se décharger de ses responsabilités sur les planètes, mais à voir les conditions telles qu'elles sont pour agir en accord avec elles. Pluton n'apparaît chez aucun des deux : sur chaque page de maison, sa lecture est signalée comme une extrapolation moderne.
Questions fréquentes
Quelles sont les 12 maisons astrologiques ?
Dans l'ordre : la 1, le corps et la personnalité ; la 2, l'argent et les biens ; la 3, la fratrie et les courts trajets ; la 4, le père et le foyer ; la 5, les enfants et les plaisirs ; la 6, le travail et la maladie ; la 7, le couple et les associés ; la 8, la mort et les héritages ; la 9, les voyages lointains et le savoir ; la 10, la carrière et la mère ; la 11, les amis et les espoirs ; la 12, les ennemis cachés et l'isolement.
Quelle est ma maison en astrologie ?
Vous n'avez pas une maison mais douze, chacune portant un signe et parfois des planètes. La question revient le plus souvent à demander où se trouve votre Soleil, ce qui dépend de l'heure de naissance et non de la date. Il faut dresser votre thème avec la date, le lieu et l'heure exacte ; sans heure fiable, les positions en maison restent incertaines, prévient George.
Comment interpréter les maisons ?
En trois temps. Le domaine de la maison dit de quoi il s'agit ; le signe sur sa pointe dit la manière ; les planètes présentes disent qui agit, avec la force que leur donne le rang de la maison, angulaire, succédente ou cadente. George insiste sur les aspects : une même planète bien ou mal aspectée ne donne pas la même lecture.
Quelle est la différence entre une maison et un signe ?
Les signes sont les sections du zodiaque, qui tournent avec la Terre ; les maisons sont les divisions fixes du thème, calculées sur l'horizon du lieu de naissance. George attribue aux signes le caractère, aux maisons les conditions matérielles et les domaines de la vie.
Quelle est la maison la plus importante ?
Les quatre angles, et d'abord la maison 1. George tient les maisons 1, 10, 7 et 4 pour les lieux les plus importants à considérer, la première influençant la personne plus que toute autre. La maison 10, sommet du thème, vient ensuite pour tout ce qui touche à la position dans le monde.
Que signifie une maison vide ?
Rien de fâcheux. Dix planètes ne peuvent occuper douze maisons, et tout thème en compte plusieurs sans planète. Le domaine existe toujours : le signe sur la pointe en donne la couleur, et le maître de la maison, posé ailleurs, indique par où ce domaine se joue.
✦ Un guide à deux voix, d'après William Lilly (1647) et Llewellyn George (1910)