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✦ Tarot & débuter

Comment tirer les cartes : la méthode et le jeu pour débuter

Deux questions reviennent constamment : comment tirer les cartes, et avec quel jeu commencer ? Certains demandent s'ils peuvent utiliser un jeu de cartes ordinaire trouvé dans un tiroir de cuisine. D'autres présentent un Oracle reçu en cadeau ou un Tarot de Marseille hérité.

✦ La réponse en bref

Pour tirer les cartes : formulez une question claire, mélangez le jeu sans formalisme en pensant uniquement à cette question, coupez comme vous le sentez, puis disposez cinq cartes en croix : l'état d'esprit, la situation présente, le futur proche, la réponse, et une carte de synthèse. Lisez l'ensemble comme une histoire cohérente, en commençant toujours par : est-ce positif ou négatif ?

Derrière ces interrogations se cache une question plus profonde : cela fonctionne-t-il vraiment, et fonctionnera-t-il pour moi ? Voici la vérité répétée depuis plus de dix ans après des milliers de consultations : ce n'est pas le jeu qui tire les cartes, c'est vous. Le jeu n'est qu'un alphabet. Le tarologue est celui qui apprend à lire. Entre un jeu de 32 cartes acheté en supermarché, un Oracle moderne, un Lenormand historique et un Tarot de Marseille hérité, il n'existe pas un univers qui fonctionne mieux qu'un autre. Il existe des univers différents avec des grammaires différentes, mais une seule magie qui circule à travers eux : celle de l'intuition mise en dialogue avec une image.

Comment tirer les cartes : ma méthode en 5 étapes

Avant même de choisir un jeu, voici la méthode. C'est celle que je détaille dans mon livre Comment bien tirer le Tarot (éditions Exergue), et elle vaut pour tous les jeux présentés plus bas : Tarot, jeu de 32, Oracle ou Lenormand.

  1. Formulez votre question. Une question claire, qui vous préoccupe vraiment. Toute la suite en dépend : la grande difficulté du tirage n'est pas technique, c'est de ne pas réussir à penser en dehors de votre question.
  2. Brassez sans formalisme. Y a-t-il une règle pour mélanger les cartes ? Eh bien non. Touchez-les, imprégnez-vous de leur essence en pensant à votre question. Pas besoin de timing, ni de vous demander « main droite ou main gauche » pour couper : faites comme vous le sentez. Étalez les cartes, piochez, le tout sans penser.
  3. Disposez les cartes en croix. Le tirage en croix est le tirage le plus commun. La pratique m'a appris à le lire différemment de la doctrine actuelle : le détail des cinq positions est juste en dessous.
  4. Interprétez en entonnoir. Faites toujours simple. La première question à vous poser : est-ce positif ou négatif ? Partez du plus large pour aboutir au plus serré, puis fabriquez l'histoire autour des cartes. Un tarologue est un conteur : l'histoire doit être cohérente, plausible et réaliste.
  5. Concluez sur le conseil. Partez toujours du principe que le tarot vous prévient. Si la réponse vous semble négative, écoutez ses conseils et ajustez le cap pour réaliser vos projets. Vous conservez votre libre arbitre en permanence.

Le tirage en croix : la lecture classique, et la mienne

La doctrine la plus répandue lit les positions de la croix ainsi : les forces favorables à gauche, les obstacles à droite, le conseil en haut, l'issue en bas, et une synthèse au centre. La pratique m'a appris à le lire différemment, et cette disposition s'avère plus efficace et plus juste :

PositionLecture classiqueMa lecture
1re carteLes forces, ce qui est pourL'état d'esprit de la personne concernée
2e carteLes obstacles, ce qui est contreLa situation présente, qui sert aussi à vérifier la justesse du tirage
3e carteLe conseilLe futur proche, une pré-réponse
4e carteL'issueLa réponse à la question, lue de manière globale
5e carteLa synthèseMa carte « Chance » : celle qui rend le tirage évident

Dans le détail, posez votre question, mélangez les cartes correctement, puis tirez cinq cartes :

1re carte : l'état d'esprit de la personne concernée. Elle permet d'identifier ses émotions.
2e carte : la situation présente. C'est la réalité actuelle, et c'est aussi votre garde-fou : si cette carte ne correspond pas à ce que la personne vit, le jeu est mal mélangé, recommencez un nouveau tirage.
3e carte : le futur proche. Une première voie, une forme de pré-réponse.
4e carte : la réponse à votre question. Lisez-la de manière globale : si elle est plutôt négative, cherchez la raison dans les cartes précédentes, comme une addition d'événements.
5e carte (optionnelle) : la synthèse. C'est ma carte « Chance », comme au Monopoly : elle rend le plus souvent le tirage totalement évident et précis.

Et si une carte ne semble pas à sa place et rend l'histoire illogique, ne restez jamais enfermé dans le carcan de la méthode : essayez de la visualiser dans un contexte différent. La Règle sert de boussole, pas de prison.

Quel tirage choisir selon votre question ?

TirageCartesPour quoi faireNiveau
La carte du jour1La tendance de votre journée, à vérifier le soirDébutant
Le oui ou non1Une question fermée, lue selon l'alignement de la carteDébutant
Passé, présent, futur3Une guidance simple, l'entraînement idéalDébutant
L'état d'esprit3 à 4Sonder la personnalité et les intentions d'une personneIntermédiaire
Le tirage en croix4 à 5La méthode de référence pour une vraie questionIntermédiaire
Le tirage en 7 cartes7Vision panoramique avec cartes de conseils, le plus précisAvancé

Une astuce pour vous entraîner sans pression : repensez à une épreuve passée dont vous connaissez déjà l'issue, un premier amour, un examen, un permis de conduire, et tirez-vous les cartes dessus en croix. Vous apprendrez à lire sans l'angoisse du résultat.

Se faire la main avec un jeu de 32 cartes : à la manière des Bohémiens

Avant le Tarot de Marseille, avant les Oracles illustrés, avant le Lenormand, il y avait le jeu de 32 cartes. C'est le jeu qu'on trouve dans toutes les maisons, celui avec lequel on joue à la belote, celui que les grands-mères glissaient dans un mouchoir et sortaient au coin de la table. C'est le jeu des Bohémiens, des Tziganes des routes d'Europe centrale, des tireuses de cartes de quartier qui n'avaient jamais lu un livre d'ésotérisme mais qui voyaient juste.

Pourquoi 32 cartes, et pas 52 ou 78 ?

Le jeu de 32 cartes est un jeu de 52 dont on a retiré les petites valeurs : pour chaque couleur, on garde le 7, le 8, le 9, le 10, le Valet, la Dame, le Roi et l'As. Quatre couleurs multiplié par huit cartes égalent trente-deux. Pas d'arcanes majeurs, pas de symbolique complexe, juste des chiffres et des figures.

La force pour un débutant réside dans la simplicité. Trente-deux cartes, c'est peu. Vous pouvez en apprendre la signification de base en une après-midi et commencer à tirer le soir même. Là où le Tarot de Marseille demande des mois, le jeu de 32 vous rend opérationnel avant la fin de la semaine. C'est un alphabet réduit, mais avec un alphabet réduit, on peut écrire des phrases entières.

La grammaire des quatre couleurs

Tout part des quatre couleurs. Le Cœur parle d'amour, de famille, d'affection, de relations sentimentales. Le Carreau parle d'argent, de travail, de nouvelles, de mouvement. Le Trèfle parle de chance, de réussite, de soutien, d'amitié. Le Pique parle de difficultés, d'obstacles, de soucis, de tensions.

Apprenez ces quatre familles, et vous avez déjà la moitié du travail. Une dominante de Cœurs signifie une histoire d'amour. Une dominante de Piques signifie une période difficile. Une dominante de Carreaux signifie que l'argent ou le travail occupe le devant de la scène. Une dominante de Trèfles signifie que le ciel s'éclaircit.

Les figures : des personnages, pas des concepts

Les Valets, Dames et Rois ne sont pas des abstractions. Ce sont des gens, des personnes réelles autour du consultant. Le Roi est un homme mûr en position d'autorité. La Dame est une femme du même registre. Le Valet est un jeune homme ou parfois un message. La couleur de la figure donne sa tonalité : un Roi de Cœur est un homme aimant, un Roi de Pique est un homme dur ou contrariant.

Pourquoi commencer par là, vraiment

Beaucoup de débutants se précipitent sur le Tarot de Marseille parce qu'il a l'aura et l'ancienneté. Ils se cassent les dents. Ils ouvrent le livret, voient les soixante-dix-huit lames, et le jeu retourne dans le tiroir.

Le jeu de 32 ne fait pas peur. C'est le jeu qu'on connaît déjà. Cette familiarité libère l'intuition. Vous ne perdez pas votre énergie à déchiffrer une iconographie complexe : vous l'investissez directement dans la lecture. Il y a aussi la lignée. Tirer le 32, c'est entrer dans une tradition orale, populaire, qui n'a jamais eu besoin de légitimité dans les livres.

Les Oracles : la liberté en images

Si le jeu de 32 est la grand-mère populaire qui tire en silence, l'Oracle est son arrière-petite-fille moderne. Coloré, illustré, souvent magnifique, toujours accessible. C'est probablement aujourd'hui la porte d'entrée la plus fréquente dans le monde des cartes.

Qu'est-ce qu'un Oracle, au juste ?

Un Oracle est un jeu de cartes qui ne suit aucune règle fixe. Pas de structure imposée comme dans le Tarot de Marseille, pas de quatre couleurs comme dans le 32. Chaque créateur d'Oracle invente son propre univers, son propre nombre de cartes, sa propre symbolique. Cette liberté formelle est à la fois la grande force et la grande faiblesse des Oracles.

La force : une image qui parle d'elle-même

L'Oracle a un avantage immédiat : il vous parle directement. Pas besoin d'apprendre que telle carte signifie telle chose. La carte porte généralement un mot-clé, un titre, parfois une phrase entière. L'image renforce le mot, le mot ancre l'image, et la signification se dépose en vous presque sans effort.

C'est pour cela qu'on recommande souvent un Oracle aux personnes qui découvrent les cartes et qui sentent une appréhension. L'Oracle désamorce la peur de mal faire. Vous tirez une carte, vous lisez le mot, vous regardez le dessin, et quelque chose se met en mouvement : une association, un souvenir, une évidence.

La faiblesse : le piège du jeu trop doux

Beaucoup d'Oracles modernes ont fait un choix éditorial : ne plus parler de ce qui fâche. Plus de cartes négatives, plus de cartes franchement difficiles. Que des messages bienveillants, des encouragements, des invitations douces.

C'est touchant et apaisant, mais ce n'est pas tirer les cartes. C'est se faire câliner par un jeu. Or la vie n'est pas faite que de cartes douces. Il y a des deuils, des trahisons, des échecs, des phases qu'on traverse en serrant les dents. Un jeu qui ne sait dire que du bien est un jeu qui ne sait pas dire la vérité.

Choisissez donc bien votre Oracle. Regardez les cartes une par une si vous le pouvez. Demandez-vous : est-ce que ce jeu peut me dire non ? Est-ce qu'il peut me signaler un obstacle, une rupture, une perte ? S'il ne le peut pas, vous aurez un beau jeu décoratif, mais pas un outil divinatoire.

L'OVNI : le Petit Lenormand

Il y a le Lenormand. L'objet non identifié. Le jeu dont presque personne ne parle en France, qui pourtant déchaîne les passions en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique flamande, où il est considéré depuis deux siècles comme l'outil divinatoire le plus précis, le plus terre-à-terre, le plus implacable.

Trente-six cartes, et une logique radicalement différente

Le Petit Lenormand, c'est trente-six cartes. Chaque carte porte un nom simple : La Maison, Le Bouquet, Le Cercueil, La Lettre, Le Cavalier, Les Clefs, Le Renard, Le Bateau, Le Cœur, L'Ancre. Trente-six objets, animaux, situations du quotidien.

Pas de Bateleur, pas de Pendu, pas de symbolique alchimique empilée. Juste des choses que tout le monde reconnaît immédiatement. Une lettre, c'est une lettre. Un cercueil, c'est une fin. Une clef, c'est ce qui ouvre. Un renard, c'est ce qui ruse.

Cette simplicité apparente désarçonne beaucoup. Les tarologues habitués au Marseille ou au Rider-Waite regardent un Lenormand et se demandent : où est la magie ? C'est précisément là que le malentendu commence.

La magie du Lenormand n'est pas dans la carte, elle est dans la combinaison

Voilà le secret. Le Lenormand n'est pas un jeu où l'on tire une carte et où l'on cherche sa signification profonde. C'est un jeu où l'on tire plusieurs cartes côte à côte, et où le sens naît de la combinaison.

Une Maison seule, c'est une maison. Mais la Maison plus le Cercueil, c'est une perte au foyer. La Maison plus le Bouquet, c'est une joie familiale. Le Lenormand fonctionne comme une langue. Chaque carte est un mot, et c'est la phrase, l'enchaînement de deux, trois, cinq, neuf cartes, qui produit le sens.

On lit le Lenormand comme on lit un télégramme : sec, direct, factuel, sans fioritures. C'est cette précision presque chirurgicale qui en fait, pour ses adeptes, l'un des outils les plus redoutables de la divination occidentale.

D'où vient ce jeu étrange ?

Le Lenormand doit son nom à Marie-Anne Lenormand, célèbre cartomancienne parisienne de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle. Le jeu qui porte son nom a probablement été créé après sa mort, édité en Allemagne dans les années 1840 sous le titre « Spiel der Hoffnung », le Jeu de l'Espérance. C'est en Allemagne que le Lenormand a vraiment trouvé son public.

Quand on tire le Lenormand aujourd'hui, on entre dans une tradition populaire, féminine, transmise oralement, fondée sur l'expérience plutôt que sur la théorie. C'est un Tarot des cuisines, pas un Tarot des bibliothèques. Et c'est ce qui fait son charme.

Faut-il commencer par le Lenormand ?

Pour la plupart des débutants, non, pas en premier. Pas parce que le Lenormand serait trop difficile, mais parce que sa logique combinatoire est très particulière. Le Lenormand ne tolère pas vraiment qu'on tire une seule carte. Il faut tirer une ligne, trois, cinq, sept, neuf cartes alignées, et apprendre à les lire de proche en proche.

En revanche, si vous avez déjà commencé avec un jeu de 32, un Oracle ou un Rider-Waite, et que vous sentez l'envie d'aller chercher quelque chose de plus tranchant, de plus prédictif, alors oui, ouvrez la porte du Lenormand. Vous découvrirez un univers entier qui se cache derrière trente-six cartes apparemment modestes.

Tirer le Tarot Rider-Waite : quand le Tarot devient enfin lisible

Le Tarot fait peur. Pas seulement aux profanes. Beaucoup de débutants qui ont voulu s'y mettre ont acheté un beau coffret et l'ont refermé au bout de trois jours, vaincus par la complexité du chantier qui s'ouvrait devant eux.

Pourquoi le Tarot classique intimide

Le Tarot de Marseille est un monument. Soixante-dix-huit lames, vingt-deux arcanes majeurs et cinquante-six arcanes mineurs, une iconographie issue du XVe siècle, des symboles alchimiques, des codes couleurs, des numérologies, des correspondances kabbalistiques. C'est beau, c'est profond, c'est aussi, pour un débutant, parfaitement décourageant.

Il y a un détail qui aggrave tout le reste : dans le Tarot de Marseille traditionnel, les arcanes mineurs ne sont pas illustrés. Le Six de Bâton, c'est six bâtons. Le Sept de Coupe, c'est sept coupes. Pas de scène, pas de personnage, pas de petite histoire. Juste un motif géométrique, et l'injonction implicite de connaître par cœur la signification que la tradition y a déposée. Pour un débutant, c'est un mur.

L'arrivée du Rider-Waite : la révolution silencieuse

C'est le problème qu'a voulu résoudre Arthur Edward Waite quand il a confié à Pamela Colman Smith la création d'un nouveau Tarot. Publié en 1909 à Londres, ce jeu, désormais connu sous le nom de Rider-Waite-Smith, a opéré une transformation décisive.

La transformation tient en une phrase : Pamela Colman Smith a illustré les cinquante-six arcanes mineurs. Chaque carte montre désormais une scène. Le Trois de Coupe, ce n'est plus seulement trois coupes : c'est trois jeunes femmes qui lèvent leurs verres dans une joie partagée. Le Cinq de Deniers, ce n'est plus cinq pièces : c'est un couple miséreux qui passe sous un vitrail dans la neige.

L'arcane mineur du Rider-Waite ne demande plus qu'on connaisse la tradition pour parler. Il parle de lui-même. L'image raconte, et le débutant peut entrer. C'est une porte qui s'ouvre.

Pourquoi je le recommande aux débutants qui veulent du Tarot

Beaucoup diront que le vrai Tarot c'est le Marseille. Mais pour quelqu'un qui débute, le Rider-Waite offre un avantage. Quand un débutant tire un Rider-Waite, il n'est pas seul face à un mur. Il est seul face à une histoire qu'il peut lire, ressentir, raconter à voix haute avant même d'avoir consulté un livret.

La majorité de la littérature mondiale sur le Tarot est aujourd'hui construite sur l'iconographie du Rider-Waite. C'est devenu le standard international. Apprendre le Rider-Waite, c'est ouvrir l'accès à une bibliothèque immense de ressources.

Cela ne veut pas dire qu'il faut renoncer au Marseille. Cela veut dire qu'il y a peut-être un ordre intelligent dans l'apprentissage. Commencer par le Rider-Waite, apprivoiser la grammaire du Tarot avec un jeu qui parle, puis, plus tard, revenir vers le Marseille pour en goûter la profondeur.

Les Tarots modernes : la porte grande ouverte

Depuis vingt ans, le paysage du Tarot a explosé. Des centaines de Tarots modernes sont apparus, presque tous construits sur la structure du Rider-Waite, mais avec des univers visuels totalement renouvelés. Tarots inspirés de la nature, de la mythologie celtique, du féminin sacré, de l'art déco, de la science-fiction, de l'aquarelle douce, du noir et blanc, du collage contemporain.

Cette modernisation iconographique n'est pas une trahison du Tarot. C'est sa continuation logique. Le Tarot de Marseille lui-même était une modernisation des tarots italiens qui l'avaient précédé. Chaque époque a le droit de redessiner les images qui l'accompagnent, pourvu que la grammaire profonde soit respectée.

Si vous voulez vous mettre au Tarot mais que le Marseille vous intimide, ne vous forcez pas. Prenez un Rider-Waite ou un de ses descendants modernes qui vous parle vraiment. Tirez vos premières cartes en regardant les images, en les laissant raconter. Le Tarot n'a jamais été un examen d'entrée. C'est une conversation.

Plusieurs univers, une seule magie

Vous voyez le paysage maintenant. Le jeu de 32 et ses quatre couleurs hérités de la rue, des roulottes, des grands-mères. Les Oracles et leur explosion d'images, leur invitation directe à l'intuition. Le Lenormand et sa logique combinatoire, son tranchant, son refus poli de la fioriture. Le Rider-Waite et ses arcanes mineurs enfin parlants, et tous les Tarots modernes qui en descendent et qui ouvrent grand la porte d'un univers qu'on croyait réservé aux initiés.

Quatre familles. Quatre grammaires. Quatre voix. Mais une seule et même magie. Celle qui se produit, à chaque tirage, dans ce moment minuscule où votre main touche les cartes, où votre regard se pose sur la première image retournée, et où quelque chose en vous sait déjà ce que la carte est en train de dire.

C'est cette magie-là qui ne dépend pas du jeu. Elle dépend de vous. De votre disponibilité, de votre honnêteté, de votre courage à entendre ce que les cartes vous diront. Le jeu n'est qu'un instrument. Comme une guitare. Vous pouvez jouer du blues sur une guitare classique, du flamenco sur une folk, du rock sur une douze-cordes. L'instrument colore le son, oriente le geste, mais c'est le musicien qui fait la musique.

Choisissez le jeu qui vous appelle. Celui que vous prendrez en main avec plaisir, celui dont les images vous parlent, celui que vous aurez envie de toucher tous les jours. Aucun ne vaut moins qu'un autre. Aucun n'est plus vrai qu'un autre. Et commencez. Tirez votre première carte ce soir. Tirez-en trois demain matin. Faites-vous la main, faites-vous l'œil, faites-vous l'intuition. Les cartes ne demandent qu'à parler. Il faut juste accepter de les écouter.

Et si vous voulez apprendre le Tarot méthodiquement, pas à pas, c'est exactement ce que je transmets dans ma formation.

Questions fréquentes sur le tirage de cartes

Quel jeu de cartes choisir pour débuter ?

L'article présente plusieurs portes d'entrée : le jeu de 32 cartes (le plus familier), les Oracles (très visuels, parfaits pour l'intuition), le Petit Lenormand (logique et précis) et le Tarot Rider-Waite (plus lisible que le Tarot de Marseille classique). Le bon jeu est celui qui vous parle.

Peut-on tirer les cartes avec un simple jeu de 32 cartes ?

Oui. Avant le Tarot de Marseille, les Oracles et le Lenormand, c'est le jeu de 32 cartes, celui de la belote, qui servait à tirer les cartes, notamment chez les Bohémiens. C'est une excellente façon de se faire la main.

Quelle est la différence entre un tarot et un oracle ?

L'Oracle est libre et illustré, une invitation directe à l'intuition, ce qui en fait souvent la porte d'entrée la plus accessible. Le Tarot, plus codifié, demande davantage d'apprentissage ; le Rider-Waite l'a rendu plus lisible que le Tarot de Marseille classique.

Comment mélanger les cartes avant un tirage ?

Il n'y a aucun formalisme : touchez les cartes, imprégnez-vous de leur essence en pensant à votre question, coupez comme vous le sentez. Une astuce : étalez les cartes sur un tapis et remuez-les dans tous les sens, toujours en pensant à la question. La seule vraie difficulté est de ne pas penser en dehors de votre question.

Peut-on se tirer les cartes soi-même ?

Oui. Pour vous entraîner, tirez-vous les cartes en croix sur des situations passées dont vous connaissez déjà l'issue : un premier amour, un examen, un permis de conduire. Vous validerez votre lecture sans l'angoisse du résultat, avant de passer à vos vraies questions.

Combien de cartes faut-il tirer ?

De 1 à 7 selon le tirage : 1 carte pour la carte du jour ou le oui/non, 3 pour passé-présent-futur, 4 à 5 pour le tirage en croix (la référence), 7 pour la vision panoramique avec cartes de conseils. Inutile de tirer plus : mieux vaut peu de cartes bien lues.

Quelle est la différence entre le tirage en croix classique et la méthode de François Villeneuve ?

Dans la lecture classique, les positions de la croix représentent les forces, les obstacles, le conseil et l'issue. François Villeneuve, tarologue et auteur de Comment bien tirer le Tarot, les lit différemment : l'état d'esprit de la personne, la situation présente (qui sert à vérifier la justesse du tirage), le futur proche, la réponse, et une cinquième carte de synthèse dite « carte Chance ». Sa pratique lui a montré que cette disposition s'avère plus efficace et plus juste.